Patrick21 a écrit :
L'EJP lorsqu'il a été mis en place était avantageux en théorie pour EDF qui y voyait la possibilité d'ajuster sa production par rapport à la demande sans avoir à démarrer de grosses unités (centrales nucléaires). Ils existent même des centrales de GE financées artificiellement par EDF (conditions de rachat) et utiliser facilement par le "dispaching".
Les hivers sont devenus moins rigoureux (EDF perdait de l'argent) et ont eu raison de son existence (EJP) surtout pour le particulier.
Lors que l'EJP a été créé (1983? 1984?), Edf était en pleine phase de construction du parc nucléaire et avait cessé d'investir dans le s centrales "fuel". Il y avait eu une vigoureuse campagne de promotion du "tout électrique" et de ce fait les superpointes de l'hiver (les fameux jours records de consommation) étaient difficiles à passer. On vivait dans la crainte permanente de l'effondrement du réseau par perte d'une ligne, d'une centrale comme cela s'était produit fin 1979. D'où l'idée de demander aux industriels possesseurs de groupes de secours de les mettre en service ces jours là. Moyennant un tarif avantageux toute l'année, il fallait s'engager à effacer X kW de 7 heures à 1heure le lendemain, 22 jours par an au choix d'Edf.
Cela n'a rien à voir avec le fonctionnement des centrales nucléaires ; comme leur coût de fonctionnement est faible alors que leur coût d'investissement est extrêmement élevé, on a intérêt à les faire fonctionner en permanence l'hiver, et même en été (hors maintenance!) et à exporter le surplus.
Le parc nucléaire s'étant rapidement développé entre 1985 et 1990,il y a eu surproduction, même l'hiver,et l'EJP ne se justifait plus pour les raisons initiales; pourtant il a été maintenu et s'est développé pendant une bonne dizaine d'années, sans doute afin d'éviter la construction de centrales de "superpointe" à turbine à gaz qui sont peu nombreuses en France.
Le système permettait à un industriel de disposer à peu près gratuitement d'un groupe de secours, ce qui n'était pas si mal, mais pas de faire des économies pour les installations les plus courantes.
Il avait un inconvénient: sa formule trop rigide. Au début de l'hiver, Edf économisait ses jours EJP, de façon à avoir une réserve suffisante en cas de vague de froid; lorsque l'hiver avait été doux, on se retrouvait en mars avec 15 jours restant à utiliser, et des "semaines EJP" où l'on produisait des kW avec du fuel pendant qu'on exportait les surplus à des prix bien plus bas...
Les centrales "dispatchables" ont une logique un peu différente. Au début, Edf avait envisagé de construire des centrales de secours de 8MW près de chaque poste rural du "plan qualité" de 1988. Comme cette grande maison a des coûts de gestion élevés, elle cherchait précisément à cette époque à se débarrasser de ses petites centrales. Elle a donc pensé à confier ces centrales à l'initiative privée, puis abandonné l'idée, mais ces hésitations n'étaient pas passées inaperçues : des investisseurs privés ont créé un certain nombre des ces centrales Diesel sous le régime de l'EJP et réalisé de très bonnes affaires : le tarif adapté pour 500 à 1000 kVa devenait "juteux"

avec de telles puissances.
Lorsque Edf a mis fin aux contrats EJP (progressivement, car les contrats signés étaient valables 15 ans afin de permettre l'amortissement), elle a eu l'idée de proposer une variante consistant à payer une prime fixe avantageuse à des producteurs s'engageant à fournir 4 à 8MW dans un délai de 10 min en période d'hiver, sans aucune contrainte de durée (certaines ont tourné 15 heures dans l'hiver) mais avec de très fortes pénalités en cas de non-fourniture. Nombre de grosses centrales EJP ont fini leur carrière de cette façon, des régies se sont offert des centrales de secours grâce à ce tarif et là encore des investisseurs privés ont racheté des groupes d'occasion pour créer leur centrale.